Cibachrome ou ilfochrome

L’Ilfochrome (connu aussi sous le nom de Cibachrome) est un procédé de tirage photographique couleur depuis un film inversible (ce dernier souvent sous la forme d’une diapositive couleur) produit par Ilford Photo.

Les procédés de tirage couleur par destruction de pigments, également désignés comme « procédés par décoloration » ou « par blanchiment », datent du début du XXe siècle, avec le procédé Utocolor du Dr J. H. SMITH introduit en 1906 à Zurich, puis le procédé Gasparcolor de Bela GASPAR en 1933. Cette technique est donc plus ancienne que les techniques à couplage de colorants de Type C ou de Type R, également appelées techniques chromogéniques, qui datent de 1936.

L’Ilfochrome, commercialisé depuis 1963, est le dernier représentant de cette tradition. Il a été lancé par Ilford en partenariat avec la firme suisse Ciba-Geigy Photochemie sous le nom de Cibachrome. Ilford et Ciba-Geigy produisaient chacun leur propre procédé avant ce rapprochement. Après le rachat d’Ilford par l’américain International Paper, Ciba-Geigy a demandé à ce que ce procédé auquel elle ne prenait plus part change de nom. Cibachrome est donc devenu Ilfochrome. Le premier terme (ou son raccourci, Ciba) est cependant resté dans le langage courant.

Il s’agit d’un procédé de tirage positif permettant d’obtenir une épreuve directement à partir de diapositives (procédé positif-positif), contrairement au transfert internégatif ou aux procédés additifs de Type R  parfois utilisés par les laboratoires pour le tirage depuis diapositives.

Les tirages Ilfochrome s’effectuent sur une base de polyester tri-acétate stable, donc à strictement parler une base plastique et non papier. Les pigments colorés sont inclus dans cette base et sont sélectivement blanchis durant le traitement, ce qui est l’opposé des procédés additifs pour lesquels les pigments sont contenus dans la chimie du traitement. Non-exposé, le « papier » Ilfochrome est brun foncé. Plus l’exposition dure, plus l’épreuve après traitement sera claire, ce qui est anti-intuitif pour les opérateurs habitués au tirage noir et blanc.

Les pigments utilisés, appelés Azo, présentent une saturation des couleurs importante et sont proches chromatiquement des cyan, jaune et magenta de référence.

Publications similaires

  • Tirage à l’albumine

    Le tirage albuminé fut inventé vers 1850 par Louis Désiré BLANQUART-EVRARD (1802-1872), qui le présenta à l’Académie des Sciences en mai 1850. Il succède au tirage sur papier salé et fut le premier procédé exploité commercialement pour réaliser des tirages de photographies à partir d’un négatif. Ce procédé utilise l’albumine que l’on trouve dans le blanc d’œuf afin de fixer les éléments chimiques…

  • Autochrome

    L’autochrome est un procédé photographique couleur breveté le 17 décembre 1903 par les frères Auguste et Louis Lumière. Avant sa commercialisation, ils diffusent le procédé auprès de certains photographes privilégiés, tel que Sergueï Prokoudine-Gorski. La commercialisation débute en 1907 et la technique fut utilisée entre 1907 et 1932 environ. On lui doit en particulier de nombreuses…

  • Négatif

    Après la prise de vue, l’image latente devient “négatif” lors du développement. Le format du négatif est lié au format de l’appareil photographique : on parle, par exemple, de 24 x 36 mm (les américains disent 35mm), de 6×6 (cm), de 4 x 5 (inches, c’est à dire 10 x12,5 cm), de 13×18(cm), de 20×25(cm),…

  • Sténopé

    Un sténopé est un dispositif optique primitif qui repose sur des principes optiques élémentaires. Il s’agit d’une simple chambre noire dépourvue d’optique en verre. Un trou minuscule, percé dans la boîte, fait office d’objectif. La lumière passe par cet interstice et vient frapper la face opposée de la boîte. En raison de la diffraction, l’image…