Cyanotype

Le cyanotype est un procédé photographique monochrome positif ancien. Il permet d’obtenir des tirages photographiques allant du bleu cyan à des bleus plus profonds. Cette technique a été mise au point en 1842 par le scientifique et astronome anglais John HERSCHEL. Contemporain de DAGUERRE et TALBOT, il s’intéresse à la photographie dès ses débuts. HERSCHEL invente le cyanotype et améliore les techniques existantes. Il présente la technique du cyanotype lors d’une conférence à la Royal Society de Londres, le 16 juin 1842.

Ce procédé utilise deux produits chimiques : le citrate d’ammonium ferrique et le ferricyanure de potassium. La solution obtenue est ensuite appliquée sur une feuille de papier. Après un premier séchage, la feuille est placée sous un négatif, ou sous l’objet à dupliquer, et on l’expose au soleil (rayon UV). Le papier est ensuite lavé à l’eau, ce qui permet d’enlever les sels non exposés. En raison de la réaction chimique, des pigments se forment et teintent l’image de bleu durant le second séchage. La coloration bleu de Prusse est typique du procédé. On reconnait ainsi aisément les tirages cyanotypes. 

Le cyanotype est peu coûteux et facile d’utilisation. Cependant, son bleu caractéristique le cantonne au domaine industriel. Les photographes de l’époque, qui recherchaient un rendu plus réaliste, le délaissèrent. Le cyanotype fut très utilisé pour la reproduction de plans, de notes et de schémas. La botaniste Anna ATKINS l’affectionne pour ses herbiers photographiques. Il faut attendre le début du XXe siècle pour voir son utilisation évoluée. Les photographes pictorialistes voient dans le cyanotype une possibilité d’interpréter le monde en se libérant d’un rendu qui colle à la réalité. Les pictorialistes, qui défendent une vision artistique de la photographie, se distinguent ainsi des photographes professionnels cherchant à reproduire le réel. Les cyanotypes de Paul Bury HAVILAND et de Clarence WHITE en sont de parfaits exemples.

Conseils de conservation des cyanotypes

Les cyanotypes sont des images très résistantes. Ils ont l’avantage d’être très stable dans le temps. Ils craignent principalement les milieux aux PH basiques, qui peuvent faire pâlir les images. Les cyanotypes qui ont subi des virages lors du développement tendent à être plus fragiles. Leur conservation reste similaire à celle de n’importe quelle œuvre papier. L’humidité doit être contrôlée si l’on souhaite que les conditions de préservation soient optimales.

Henry Peter BOSSE, U.S. Dredge « Phoenix », Mississippi, 1885, cyanotype.

Anna ATKINS, Photographs of British algae: cyanotype impressions, 1843-1853, cyannotype, Bibliothèque publique de New York.

Paul Bury HAVILAND, Jeune femme en kimono, 1898-1916, cyanotype.

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