Ambrotype

L’invention de l’ambrotype s’est faite par chance et par tâtonnement. Son histoire débute dans les années 1850, en même temps que l’invention des négatifs sur plaque de verre (dit : procédé au collodion humide). À cette époque, les pionniers de la photographie s’ingénient à découvrir de nouveaux procédés. On constate alors rapidement que certains des négatifs sous exposés peuvent être vus en positif. Il faut pour cela les placer sur un fond sombre. La technique est petit-à-petit affinée. Les négatifs sont par exemple blanchis chimiquement lors du développement. Ils sont ainsi davantage visibles lorsqu’on les dispose sur leur fond sombre.

Portrait d’homme, fin 1850, ambrotype dans son coffret.

Le daguerréotypiste Marcus Aurelius Root donna le nom d’ambrotype à un procédé photographique inventé par James Ambrose Cutting. Il fut d’abord développé entre 1851 et 1854 par Frederick Scott ARCHER puis Adolphe MARTIN sous le nom d’amphitype. Il est finalement breveté en 1854 par CUTTING et son associé Isaac REHN. Le terme d’ambrotype provient du grec ambrotos, signifiant « immortel ».

Le daguerréotype et l’ambrotype se sont concurrencés. L’ambrotype permettait une rapidité d’obtention des images. Il était aussi moins coûteux. L’ambrotype est une image négative unique, associée à un fond noir pour apparaître en positif. Un côté d’une plaque de verre est recouvert d’une fine couche de collodion iodé. La plaque est ensuite plongée dans une solution acide de nitrate d’argent pour homogénéifier sa sensibilité. Elle est installée encore humide dans l’appareil et exposée à la lumière pendant quelques secondes, selon la luminosité. La plaque est ensuite développée et fixée, produisant ainsi une image en négatif. Après l’ajout d’un vernis, un fond noir est glissé derrière ce négatif, révélant ainsi l’image en positif.

Très utilisé pour les portraits et les paysages, l’ambrotype se présente généralement encadré comme le daguerréotype. Ils sont d’ailleurs parfois confondus. Ambrotypes et daguerréotypes étaient habituellement présentés dans un écrin, semblable à de véritables petits bijoux. L’ambrotype fut supplanté dans les années 1870 par l’apparition de nouvelles techniques.

Des artistes comme Matthias Olmeta remettent au goût du jour cette technologie vieille de près d’un siècle et demi. L’ambrotype permet au photographe d’obtenir une esthétique particulière aux contrastes profonds. Ce procédé conduit aussi les artistes à renouer avec des temps de pose longs, ou les manipulations chimiques, pratiques quasiment disparues avec le numérique.

Quelques conseils de conservation et de manipulation des ambrotypes

Le fait que de nombreuses photographies en coffret – de type daguerréotype, ambrotype et ferrotype – nous soient parvenus depuis plus d’un siècle est un gage de stabilité. Les précautions habituelles de conservation et de manipulation restent nécessaires. Le taux d’humidité relative doit se situer entre 30 et 50% (environ comme pour les livres). Pour une conservation en réserve, il est préférable que la température soit en dessous de 24 °C et qu’elle ne varie pas de plus de 4 °C en une journée.

Les coffrets sont un des éléments qui a protégé ces photos. Ils doivent donc être nettoyés et ne pas être plongés dans l’eau. Lors de leur manipulation, des gants de nylon ou de coton sont conseillés. Il faut avant tout faire attention à ne pas endommager les bords et le verre. Il s’agit d’objets fragiles à manier délicatement. Le nettoyage s’effectue à l’aide d’une brosse douce. La vitre de protection peut être nettoyé avec d’un savon doux et d’un coton-tige, puis rincée et séchée. En cas de doute, mieux vaut recourir à un professionnel.

Portrait de jeune femme, c. 1860-1870, ambrotype avec écrin, 1/9e de plaque.

Ambrotype avec et sans fond noir.

Portrait de jeune soldat, Ambrotype, années 1860.

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