Calotype

Le calotype est un procédé photographique ancien inventé par William Fox TALBOT en 1840. Il s’agit d’une image négative sur papier. Son tirage est possible, ce qui en fait le premier procédé photographique reproductible. Le terme calotype vient du grec kalos, signifiant « beau », et de typos, pour « impression ».

Comment un calotype est-il fabriqué et tiré ?

Une feuille de papier sert de support à la fabrication du calotype. Sa surface est enduite de nitrate d’argent, puis la feuille est séchée avant d’être plongée dans un bain d’iodure de potassium. Il se forme ainsi de l’iodure d’argent, un halogénure qui permet de sensibiliser la feuille à la lumière. La feuille est de nouveau séchée. Avant l’exposition, la feuille est enduite de gallo-nitrate d’argent (acide gallique et nitrate d’argent) pour accroître la sensibilité. Encore humide, la feuille est placée entre deux plaques transparentes dans une chambre noire. Après quelques minutes l’image latente peut être révélée par un second bain de gallo-nitrate d’argent. Puis, un bain d’hyposulfite de sodium permet de fixer l’image. Une fois séché, le négatif peut être tiré.

Le tirage se fait sur papier salé. Il s’agit d’un papier enduit de chlorure de sodium et de nitrate d’argent, puis séché. Le papier salé est maintenu au contact du négatif dans un châssis-presse. Ils sont insolés, négatif vers la lumière. L’image positive se révèle, elle est fixée par un bain d’hyposulfite de sodium.

Les avantages du calotype sur le daguerréotype

À la différence des photographies uniques que permettent le daguerréotype ou l’ambrotype, la reproductibilité du calotype le rapproche des techniques modernes, et de la photographie telle que nous l’entendons aujourd’hui. De même, le principe d’image latente, que l’on peut développer dans un second temps, sépare clairement le moment de la prise de vue et le moment du tirage. Le calotype a donc une souplesse d’utilisation.

Le calotype et le daguerréotype ont eu leurs supporteurs et leurs détracteurs. Le premier permet des tirages dont le velouté et la texture fibreuse charment les artistes. Le second a un rendu très précis, qui lui donne un caractère mécanique.

Le calotype est au final desservi par le brevet de TALBOT. Tombé dans le domaine public, le daguerréotype est amélioré rapidement par les scientifiques et les premiers photographes. Il devient peu à peu plus facile d’utilisation. À l’inverse, le calotype reste un procédé plus aléatoire, davantage utilisé par des amateurs chevronnés.

Il faut attendre le piratage du français Louis-Désiré BLANQUART-EVRARD. En 1847, il améliore le procédé de TALBOT et invente le tirage sur papier albuminé. Gustave Le GRAY apporte des innovations, avec le papier ciré sec (1851). Il peut être préparé à l’avance et conservé en prévision des futures prises de vue. Le papier ciré sec a pour inconvénient de nécessité un temps de pose plus long. À partir de 1855 les procédés photographiques papiers, dérivés du calotype, sont remplacés par les procédés sur verre. Les plaques de verres, transparentes, sont plus fiables et plus sensibles.

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