Heliogravure ou photogravure

L’héliogravure, aussi parfois appelée photogravure ou gravure héliographique, est un procédé de reproduction photomécanique. L’héliogravure permet de reporter une image sur une plaque métallique par une action photochimique, en vue de l’imprimer.

Le terme « héliogravure » renvoie au soleil et à l’idée de creux, avec le préfixe hélio-, provenant du grec ancien et signifiant « soleil », et le suffixe –gravure, relatif à l’ancien français « graver », proche de l’allemand « graben » qui signifie creuser. C’est donc le soleil qui, par la photochimie, creuse la matière et permet ainsi de réaliser une gravure. On identifie habituellement plusieurs périodes de développement et d’utilisation de l’héliogravure.

Petite histoire de l’héliogravure

L’aventure débute en 1824 avec Nicéphore et Claude NIÉPCE. Les deux frères veulent reproduire des gravures déjà imprimées. Ils utilisent la lumière solaire pour arriver à leurs fins. Pour cela, Nicéphore et Claude NIÉPCE tâtonnent en utilisant différentes substances photosensibles, dont le bitume de Judée. Le temps de pose est particulièrement long, il faut attendre plusieurs heures pour que les images apparaissent. Au cours de l’exposition les ombres se déplacent, entraînant un flou dans le rendu de l’image finale. Ils cherchent alors à améliorer le procédé. Leur cousin Abel NIÉPCE de SAINT-VICTOR poursuit les recherches et améliore le procédé. Il met au point une version dite « au collodion » qui réduit le temps de pose nécessaire. Il va d’une douzaine de minutes à quelques heures, suivant le type de négatif utilisé. Abel NIÉPCE de SAINT-VICTOR dépose un brevet en 1856. 

Par la suite de multiples améliorations sont apportées. À partir des années 1870 l’héliogravure est largement diffusée. Par sa rapidité d’exécution, l’héliogravure se substitue peu à peu à la gravure sur bois. Les photographies peuvent désormais être imprimées et accrédité les articles de presse. 

À partir de la fin de la seconde guerre mondiale l’héliogravure est beaucoup moins utilisée. Il reste un des procédés les plus fins pour la reproduction de photographies.

La technique de l’héliogravure

Une héliogravure se réalise en plusieurs étapes successives. Il faut d’abord obtenir un film positif de l’image que l’on souhaite héliograver (un dessin, une photographie ou une impression numérique par exemple). 

Ce film positif, retranscrivant les diverses teintes de gris, est déposé sur un papier gélatiné photosensible, qui est ensuite insolé. La gélatine se durcit aux endroits recevant de la lumière. Ce papier gélatiné est ensuite placé sur une plaque de cuivre, afin d’être transféré. Pour cela, un poids va appuyer le papier gélatiné contre la plaque de cuivre. La gélatine va alors adhérer au cuivre. 

La plaque de cuivre est alors dépouillée de la gélatine qui n’a pas durcit par un bain d’eau chaude, ce qui permet de faire apparaître l’image en relief de gélatine. 

Puis la gélatine est séchée. La plaque est alors plongée dans différents bains d’acide (perchlorure de fer), qui vont attaquer en priorité les zones exposées (les noirs), puis progressivement celles où il y a un peu de gélatine (les gris), les zones les plus recouvertes, peu attaquées, resterons blanches au tirage. C’est ce qu’on appelle la « morsure » de la plaque.

La plaque est nettoyée, séchée, puis recouverte d’une couche d’encre pigmentaire. Puis la plaque est essuyée pour que l’encre ne reste que dans les espaces creusés par l’acide. Elle est alors prête à être apposé contre le papier, dans une presse, afin de réaliser l’épreuve finale.

Quelques conseils de conservation

Une héliogravure, comme une gravure, suppose des conditions de conservation similaire à celles des autres œuvres papier (contrôle de la température et de l’humidité, en évitant les variations importantes sur de courtes périodes). Souvent, des dispositions simples, relevant du bon sens, suffisent : ne pas conserver l’œuvre dans un endroit humide ou près d’une source de chaleur, conserver les œuvres papiers à plat. Les tubes sont à proscrire, ils ne doivent servir qu’au transport. Si les œuvres sont empilés, il faut les séparer par du papier ou des plastiques au PH neutre. La manipulation des héliogravures doit se faire avec précaution, l’usage de gants en coton est recommandé, et il ne faut pas toucher l’image à mains nues. Lorsqu’encadrées, un passepartout, un fond et une vitre, permettent de protéger convenablement les héliogravures, à condition qu’elles ne soient pas exposées frontalement à la lumière.

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