Virage

Un virage est un traitement chimique réalisé lors du développement d’un tirage argentique noir et blanc sur papier. Un virage peut avoir divers effets, il peut donner une teinte à l’image, accentuer le contraste, ou améliorer la stabilité des images dans le temps. Pour cela, une partie de l’argent de l’image est remplacé par un composé métallique plus stable.

Le virage se fait à la fin du développement, à la place du fixage ou juste après. De nombreuses couleurs sont possibles, elles dépendent des composés métalliques ajoutés. Les virages argentiques peuvent être directs ou indirects. Un virage est direct lorsqu’il agit sur l’argent, une fois l’image définitive obtenue. Il est indirect lorsqu’il agit sur les sels d’argent. Dans ce second cas il faut opérer un bain de blanchiment (qui transforme l’argent en bromure d’argent) puis un bain de virage (qui révèle de nouveau l’image).

Les types de virages les plus communs : 

Virage sépia :

Le virage sépia est certainement le plus célèbre. Il donne une tonalité sépia aux images, que l’on retrouve souvent dans les photographies de la première moitié du XXe siècle. Il peut être direct ou indirect. Le plus classique est le virage à deux bains (indirect), parfois avec du sulfate de cuivre ou par sulfuration. En plus de donner une colorisation brune il améliore la conservation.

Virage au sélénium :

Le virage au sélénium accentue les contrastes et donne une teinte violette, brune ou jaune, dépendant de la durée du traitement et du type de papier. Il s’agit d’un virage indirect qui améliore la conservation des tirages. La dilution du sélénium influe aussi sur le rendu final.

Virage à l’or :

Le virage à l’or est onéreux car il repose sur un composé de chlorure d’or. Il donne une teinte dorée aux parties les plus claires. Le virage à l’or servait d’abord à améliorer la conservation des photographies, il a ensuite été utilisé pour ses qualités esthétiques. Il s’agit d’un virage de type direct. Il est parfois associé à des virages indirects (virage au sélénium et virage sépia), et dans ce cas-là intervient après.

Virage à l’argent colloïdal :

Le virage à l’argent colloïdal est un virage indirect. L’image est blanchie avec un bain de blanchiment auquel est ajouté du chlorure cuivrique qui formera du chlorure d’argent durant le blanchiment. La couleur obtenue varie suivant la dilution et la nature du composé métallique. Elle peut être brune, rouge, violette ou bleue.

Publications similaires

  • Cibachrome ou ilfochrome

    L’Ilfochrome (connu aussi sous le nom de Cibachrome) est un procédé de tirage photographique couleur depuis un film inversible (ce dernier souvent sous la forme d’une diapositive couleur) produit par Ilford Photo. Les procédés de tirage couleur par destruction de pigments, également désignés comme « procédés par décoloration » ou « par blanchiment », datent du début du XXe…

  • Daguerréotype

    Le daguerréotype est une ancienne technique de photographie, très répandue au milieu du XIXe siècle. L’image obtenue, du même nom, est réalisée à partir d’une plaque de cuivre couverte d’argent. Elle est polie et sensibilisée à la lumière grâce à de l’halogénure d’argent.  Après avoir été sensibilisé, la plaque est traitée au bromure d’iode, une substance…

  • Gomme bichromatée

    Le procédé photographique à la gomme bichromatée est une technique de tirage ancienne. Il s’agit d’un procédé non-argentique, qui fait partie de la famille des tirages pigmentaires. C’est au début des années 1850 qu’Alphonse POITEVIN découvre la sensibilité à la lumière du mélange gomme arabique, de bichromates alcalins (le plus souvent du bichromate de potassium est…

  • Négatif

    Après la prise de vue, l’image latente devient “négatif” lors du développement. Le format du négatif est lié au format de l’appareil photographique : on parle, par exemple, de 24 x 36 mm (les américains disent 35mm), de 6×6 (cm), de 4 x 5 (inches, c’est à dire 10 x12,5 cm), de 13×18(cm), de 20×25(cm),…